Jeudi matin, 7h42. Mon téléphone s'allume. Une notif : "Bitcoin passe sous les 70 000 $."

Je l'éteins. Je me fais un café. Je le rallume.

Une autre notif : "Le gaz européen s'envole de 35% en une seule journée."

Et une troisième : "Fed + BCE : les deux banques centrales maintiennent leurs taux."

C'est le genre de semaine où tu réalises que la finance mondiale, c'est tout sauf ennuyeux. C'est même parfois effrayant. Alors installes-toi, on décortique tout ça ensemble.

👋 Yo !

Bienvenue dans cette édition #21 de Clair & Cash.

Cette semaine, une seule vraie question domine tout : la guerre au Moyen-Orient va-t-elle faire exploser nos factures, nos portefeuilles et l'inflation qu'on croyait enfin maîtrisée ?

La réponse courte : oui, probablement. Mais tout dépend de combien de temps ça dure.

La réponse longue : c'est ce qu'on va voir ensemble.

💡 L'idée forte de la semaine

Quand le détroit d'Ormuz tousse, toute l'économie mondiale prend froid.

🔥 Le sujet principal — Guerre en Iran : le choc énergétique qui change tout

Comment on en est arrivé là ?

Fin février 2026, des frappes israélo-américaines ont ciblé des infrastructures militaires iraniennes. La réponse de l'Iran ne s'est pas fait attendre : des attaques sur des infrastructures énergétiques au Qatar et en Arabie Saoudite, et surtout — et c'est là que ça devient vraiment sérieux — un blocage quasi-total du détroit d'Ormuz.

Le détroit d'Ormuz, c'est le goulot d'étranglement par lequel transite 20 millions de barils de pétrole et de gaz par jour. C'est environ 20% de la consommation mondiale. Quand ce passage est bloqué, c'est comme si tu bouchais l'artère principale du cœur de l'économie mondiale.

Résultat ? Le Brent (le pétrole de référence) a bondi de plus de 16% depuis le début des hostilités, franchissant les 85 dollars le baril. Et ce n'est peut-être que le début.

Ce matin, ça s'est encore aggravé

Aujourd'hui, 19 mars 2026, de nouvelles attaques sur des infrastructures énergétiques ont fait exploser le gaz européen de 35% en une seule séance. Le contrat TTF néerlandais (la référence du gaz en Europe) a atteint 70 euros le mégawattheure.

Pour te donner une idée, c'était autour de 40-45€ il y a un mois. En 3 semaines, le gaz a pris 40% globalement depuis le début des hostilités.

Le mot qui fait peur : stagflation

Là, les économistes sortent un terme que personne n'a envie d'entendre : la stagflation. C'est quand tu combines croissance économique faible et inflation élevée. Le pire des deux mondes.

Pourquoi c'est si grave ? Parce que les outils pour lutter contre l'inflation (monter les taux) aggravent la récession. Et les outils pour relancer la croissance (baisser les taux) aggravent l'inflation. Tu te retrouves bloqué, sans bonne solution.

C'est exactement là où on pourrait se diriger si ce conflit dure.

📊 Les chiffres qui comptent

Marchés financiers :

  • CAC 40 : ~7 880-7 900 points — en baisse d'environ 7% depuis le début du conflit

  • S&P 500 : ~5 589 points — en baisse de 4,63% sur le dernier mois (les États-Unis résistent mieux car ils produisent leur propre pétrole)

  • Nasdaq : baisse de 1% sur la semaine

Énergie :

  • Pétrole Brent : >85 $/baril (+16% depuis fin février)

  • Gaz européen (TTF) : 70 €/MWh (+35% ce jour seul, +40% depuis le début du conflit)

Banques centrales :

  • Fed (décision du 18 mars) : taux maintenus à 3,5%-3,75%, seulement 1 baisse prévue en 2026

  • BCE (décision du 19 mars) : taux maintenus, taux de dépôt à 2,00%, croissance zone euro revue à la baisse à 0,9% pour 2026

Crypto :

  • Bitcoin : ~70 000 $ (en baisse depuis un plus haut à ~74 500 $ avant la Fed)

  • Solana : ~93-95 $

  • Bitcoin OGs : dump de plus de 117 millions de dollars en BTC en une journée

Épargne France :

  • Livret A : 1,5% (depuis le 1er février 2026)

  • LEP : 2,5%

  • Flat tax : 31,4% en 2026 (légère hausse)

🧠 Ce que ça change pour TOI

Sur ton budget quotidien : Tu vas probablement le ressentir à la pompe et sur tes factures d'énergie dans les prochaines semaines. Si tu chauffes au gaz ou si tu fais beaucoup de route, prépare-toi à une facture plus salée. L'énergie est un intrant dans tout ce qu'on consomme — la nourriture, les transports, les produits manufacturés. L'inflation pourrait repartir à la hausse.

Sur ton épargne : Le Livret A est à 1,5%. L'inflation repart. Ce n'est pas catastrophique, mais ton épargne sécurisée perd probablement de la valeur réelle si l'inflation remonte significativement. Le LEP à 2,5% reste la meilleure option sans risque si tu y es éligible (revenus modestes).

Sur tes investissements : Le CAC 40 a pris -7% depuis le début du conflit. Si tu es investi en Bourse via un PEA ou une assurance-vie, tu le vois probablement dans ton compte. C'est douloureux. Mais rappelle-toi : les marchés ont déjà digéré des crises géopolitiques. La clé, c'est l'horizon de temps.

Sur le Bitcoin : Bitcoin sous les 70 000 $ après avoir tutoyé les 74 500 $ avant la décision de la Fed. Des investisseurs de la première heure ont vendu massivement — c'est souvent un signal de pression à court terme, pas forcément de capitulation totale. La corrélation entre crypto et macro est plus forte que jamais.

💰 Le plan d'action

1. Ne vends pas dans la panique. Les marchés ont chuté. C'est désagréable. Mais vendre dans la panique, c'est cristalliser des pertes sur une situation potentiellement temporaire. Si ton horizon d'investissement est de 5-10 ans, cette crise sera une ligne sur un graphique.

2. Vérifie ton exposition à l'énergie. Si tu as des actions dans des entreprises très dépendantes du gaz ou du pétrole (transport aérien, industrie lourde, chimie), c'est le moment de t'assurer que ton portefeuille est assez diversifié.

3. Le DCA reste ton meilleur ami. Dollar Cost Averaging = investir une somme fixe régulièrement, quelles que soient les conditions. En période de baisse, tu achètes plus d'unités pour le même prix. Sur le long terme, ça lisse les points d'entrée.

4. Tes PEL ouverts après mars 2011 sont peut-être condamnés. Si tu as un PEL ouvert après le 1er mars 2011, il atteint 15 ans cette année et ta banque va le clôturer d'office. L'argent sera viré sur un livret bancaire classique (autour de 0,75% brut). Anticipe : transfère sur ton Livret A ou ton LEP avant que ta banque décide à ta place.

5. Garde de la liquidité. En période d'incertitude géopolitique, avoir 3-6 mois de dépenses en épargne liquide (Livret A ou LEP) te permet de ne pas être forcé de vendre des actifs en mauvais moment.

📚 À creuser cette semaine

📰 Article — "La guerre en Iran : quelles conséquences pour l'économie mondiale ?" sur La Finance Pour Tous — pédagogique, sans jargon.

📖 Livre"L'art de la simplicité financière" de Dominique Loreau — pas directement lié à l'actu, mais idéal pour mettre les crises en perspective et ne pas sur-réagir.

🎙️ Podcast — "Génération Do It Yourself" (GDIY) de Matthieu Stefani — l'épisode sur la résilience financière en période de crise mérite une (r)écoute.

🗞️ Vu ailleurs cette semaine

🏦 Fed hawkish, Bitcoin déçu. La Réserve fédérale américaine a maintenu ses taux à 3,5%-3,75% et ne projette qu'une seule baisse en 2026. Résultat : des "OGs" Bitcoin (des investisseurs de la première heure avec des milliers de BTC) ont vendu plus de 117 millions de dollars en 24h. Un whale à lui seul a largué 1 000 BTC d'un coup.

🇪🇺 BCE : statu quo aussi. La Banque Centrale Européenne a également maintenu ses taux ce 19 mars, citant explicitement la guerre au Moyen-Orient comme facteur d'incertitude. Elle a revu sa prévision de croissance à la baisse : 0,9% pour la zone euro en 2026. Pas de quoi pavoiser.

🇺🇸 Les États-Unis résistent mieux. Le S&P 500 (-2,5% depuis le conflit) surperforme le CAC 40 (-7%) car les États-Unis sont désormais le plus grand producteur pétrolier mondial. La hausse du brut les avantage, contrairement à l'Europe qui reste très dépendante des importations.

🔥 Flat tax à 31,4% en 2026. Petit rappel qui passe souvent inaperçu : la flat tax sur les revenus du capital est légèrement relevée à 31,4% cette année. Si tu as des dividendes ou des gains sur compte-titres ordinaire, c'est quelques dixièmes de plus qui partent à l'État.

💬 Le mot de la fin

Il y a une phrase qui m'a marqué cette semaine, tirée d'une analyse sur CoinDesk : "L'ère de l'argent bon marché est terminée, la guerre en Iran a créé un plancher d'inflation permanent."

C'est peut-être un peu dramatique. Les conflits ont une fin. Les marchés s'adaptent. Mais ça soulève une vraie question : est-ce qu'on était trop habitués à un monde parfait ? Taux bas, inflation basse, croissance stable ?

Depuis 2020, on enchaîne les crises. Le Covid. L'Ukraine. Maintenant l'Iran. Et à chaque fois, la même leçon : les fondamentaux de base de la finance perso résistent mieux que n'importe quelle tactique sophistiquée. Épargne d'urgence. Diversification. Horizon long. Pas de panique.

C'est pas sexy. Mais c'est ce qui marche.

Alors toi, est-ce que ta situation financière est prête pour encaisser un choc inattendu ? C'est la question de la semaine à te poser honnêtement.

📣 À toi de jouer

Si cette édition t'a été utile, réponds à ce mail en me disant quel sujet tu veux qu'on creuse la semaine prochaine. Iran, inflation, crypto, immobilier… Tu pilotes.

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⚠️ Disclaimer : Ceci n'est pas un conseil financier. Les informations partagées ici sont à titre éducatif uniquement. Fais tes propres recherches ou consulte un conseiller financier avant toute décision d'investissement.

— Nicolas

Clair & Cash — Ton argent mérite mieux

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